Premier Jour

ROSH PINA

Un village des premiers temps du peuplement d’Israël par le retour des juifs. Ce village est caractéristique de l’époque avant la mise en place des coopératives et collectivités (mochavim et kibboutzim).

L’architecture est en pierre, on ignorait le béton, tout à l’échelle de l’homme et de la bête de somme,  le tracteur était encore inconnu ainsi que l’asphalte. Se promener dans une rue pavée de pierres, c’est retourner dans un autre âge, exactement 1878, avec  un groupe de pionniers venant de Tsfat (Safed).

 Le paludisme et la canicule eurent raison de ceux-ci. Le village redémarra en 1882 et prit le nom de Roch Pina

אֶבֶן, מָאֲסוּ הַבּוֹנִים– הָיְתָה, לְרֹאשׁ פִּנָּה »"

 » La pierre qu’ont dédaignée les architectes, elle est devenue la plus précieuse des pierres d’angle. » (Psaumes 118,22)

En 1899, Itshak Epstein y fonde la première école du pays.

En 1906 le biologiste Aaron Aaronson découvre que la terre d’Israël est la seule terre au monde où pousse le blé à l’état sauvage ainsi que l’orge et le seigle.

En 1927, Guidon Meïr fonde un laboratoire qui le fera connaitre dans le monde entier pour ses recherches sur le paludisme.

Bon an, mal an, Roch Pina fleurira, on y trouve aujourd’hui une petite ville charmante, agréable à visiter sur son coteau avec ses cafés, restaurants et chambres d’hôtes.

Nous poursuivrons notre périple vers Yessod Hamaala

YESSOD HAMAALA

« כִּי בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן הוּא יְסֻד הַמַּעֲלָה מִבָּבֶל » (עזרא, ז’,ט’).

9 En effet, le premier jour du premier mois est la base de l’organisation du retour  de Babylone (Ezra,VII,9).

Nous y visiterons  la ferme de Dubrovin, de la même période que Roch Pina. Entre 1882 et 1903, 50.000 juifs arrivèrent, pour moitié de Roumanie et de Russie et l’autre moitié du Yémen. La famille Dubrovin y construisit cette ferme. Toutes les constructions s’adossaient sur un mur extérieur qui formait rempart, avec puits et  réservoir en son milieu. Nous retrouvons cette structure semi fortifiée dans différents lieux.

Nous continuons par la route 90 vers le Nord dans le doigt de la Galilée

TEL HAI

Cette ferme modeste ressemble à celle de Dubrovin décrite ci-dessus et concentre sur son nom tout l’Héroïsme et le ”Pionnierisme » du retour à Sion.

A proximité, Kyriat Chmoné (Chmoné = huit)  prend son nom des 8 tombés à Tel – Haï.

En 1920, les gardes trompés par la ruse des Arabes, entrés dans les murs se feront tués. Parmi eux, deux femmes; leurs chefs Yossef Trumpeldor figure dominante du Sionisme pionnier et combattant. Né en 1880, issu d’une famille assimilée, il s’était engagé pour la guerre Russo- Japonaise en 1904. Promu officier, nomination rarissime pour un Juif pendant la domination Tsariste, il perdit son bras gauche pendant le siège de Port-Arthur mais continua néanmoins dans l’armée active. Après la guerre, il s’identifia au Sionisme et créa le mouvement Hehalouts. Il œuvra à créer le » Corps des Muletiers de Sion », unité juive de combat. Il combattit en tant qu’officier à Gallipoli pendant la guerre 14-18.

Les Français et Anglais avaient mal défini leurs zones d’influence respectives par les                         accords Sykes-Picot. Tel – Haï et Kfar Giladi se trouvèrent en zone française complètement isolées et abandonnées aux bandes de pillards Arabes qui sillonnaient la région.

Trumpeldor s’y porta pour défendre ces deux fermes vulnérables.

Après les combats, blessés, il refusa que l’on s’occupât de lui. Il dit :

« Vous avez autre chose à faire. Il est bon de mourir pour notre pays. ,טוב למות בעד ארצנו , phrase célèbre qui dénote la nature combattante et héro6que de nos prédécesseurs.

On leur doit l’inclusion du « Doigt de la Galilée » dans l’Etat d’Israël.

Nous irons visiter la ferme de Tel Hai, son musée et le lion symbolique  afin de mieux comprendre les événements qui s’y déroulèrent.

 

Nous redescendons vers le sud par la route 90 jusqu’au carrefour Koah כ »ח  , ou nous montons jusqu’au carrefour ישע Ycha et nous emprunterons le chvil Israël ,( sentier balisé qui traverse Israël du style GR).

Très belle randonnée d’une heure et demie environ sur le sommet de l’escarpement dominant la plaine de la Hula sous la fraicheur des pins dans un site enchanteur.

Deuxième jour

AGMON HAHULA

Le paradis des oiseaux migrateurs mais surtout celui des ornithologues. On peut observer des milliers d’espèces venues d’Asie ou d’Europe. L’automne, l’hiver et le printemps sont les saisons idéales pour les voir : cigognes, oies cendrées, grues….  Certains viennent y passer l’hiver et d’autres ne font que passer pendant les migrations.

Au sol vivent de gros rats musques poilus, les plus gros rongeurs du monde qui nichent sur les berges des étangs.

On a réhabilité tout un éco système. Certaines espèces d’oiseaux sont passés d’un nombre de 300 à 30.000 à faire leur « alyah » semi-annuelle.

 

BANYAS

Ce nom est une corruption du mot Panias, lieu de culte au Dieu Pan(le Dieu de la guerre , le mot a donné « panique »). De belles sources. qui  jaillissent des entrailles du Hermon, une des trois sources du Jourdain ( Avec Snir et  Dan). Depuis la nuit des temps, ces sources bénies des dieux attirent hommes et bêtes et suscitèrent des dévotions aux Dieux. Hérode y construisit une ville – Césarée de Philippe (fils d’Hérode le Grand). De magnifiques promenades à faire dans la fraicheur des cascades vous invitent.  A voir des moulins a farine mus par des eaux claires.

KILAT NIMROD

Nous reprendrons la route en direction du Hermon.

Kilat Nimrod se situe au-dessus du Banyas, sur les pentes du Golan, c’est un château fort magnifiquement conservé.  Situé sur un épaulement rocheux,  il domine de toute sa puissance, la plaine.  A noter que tous les châteaux forts recevaient l’eau indispensable de sources placées plus hautes qu’eux. Ici fut taillée une citerne d’eau de réserve dans le roc.

Promenons-nous dans ce site grandiose et découvrons les passages secrets de cet édifice

Continuons notre route vers l’est pour monter vers le Hermon, le point culminant de tout le pays d’Israël.

Troisième Jour

TSFAT – SAFED

Safed, une des quatre villes saintes d’Israël avec Jérusalem, Tibériade et Hébron.

La ville  est parcourue de ruelles pittoresques dans les couleurs bleues qui comprennent huit synagogues dont celle du Rav Yossef Caro qui rédigea ici le Chulhan Aruch (ouvrage qui rassemble toute les Halakhot- lois du judaïsme).

C’est la ville de la Kabbale (recherche philosophique basée sur les écrits traditionnels) .

Après l’inquisition en 1492 et l’expulsion des juifs d’Espagne par Isabelle la Catholique, la ville connut un grand essor par l’arrivée de ces juifs expulsés.

C’est aussi dans cette ville que fut installée en 1777 la première imprimerie de toute l’Asie et c’est là que fut imprimé le premier livre hébraïque.

Une ville typique, lourde d’histoire et traditions juives qui accueillent le visiteur avec ses galeries d’artiste, ses synagogues, ses restaurants et une fois l’an au mois d’aout, un festival Kleizmer (musique juive traditionnelle de l’Europe de l’Est). De nombreux visiteurs sont attirés par les centres d’étude de la ville. La proximité des forets rend son climat agréable.

Prenons la direction de l’Ouest, nous arrivons au Meron

MERON

C’est le plus haut sommet d’Israël après le Hermon. En haut, une magnifique promenade circulaire nous attend, dans les ombrages des chênes-verts et des arbousiers.

Au pied du Méron, le mochav Méron dans lequel se trouvent  les tombes de Rabbi Shimon Bar Yohai et son fils, Rabbi Eléazar bar Rabbi Shimon considéré comme un grand des Tanaim , en révolte contre les Romains , il se refugia dans la grotte de Pekiin avec son fils pendant 13 ans. Il écrivit le Zohar (Livre de la Splendeur).

A Lag Baomer, 1 mois après Pessah (Pâques), des centaines de milliers de pèlerins viennent honorer sa tombe par une grande fête.

C’est le deuxième lieu saint du judaïsme en termes de fréquentation, juste après Jérusalem.

Nous retournerons vers Safed pour entrer dans la forêt de Byria.

BYRIA

Une des plus grandes réussites d’Israël est d’avoir restauré la terre et changer le climat grâce aux plantations de forêts, une révolution écologique. D’une terre aride quasiment désertique, on fit un paradis de la région de Tsfat. L’altitude permet à la forêt de se reproduire spontanément comme en Europe.  Des randonnées sous les futaies à ne pas manquer…..

Dans la forêt se trouve le « lieu fortifié » de Birya.

Fondé en 1946 par un groupe religieux des troupes du Palmach pour défendre la région et recevoir des immigrants clandestins, la forteresse jouera un rôle important pendant la guerre d’indépendance.

En contrebas se trouve aussi la tombe de Rabbi Jonathan Ben Ouziel . Nombreux sont ceux qui viennent se recueillir sur sa tombe. La tradition lui prête l’aide à trouver l’âme sœur……

Les autres visites  de VOIR ISRAEL

TROIS JOURS EN HAUTE GALILEE